La retraite ? Certains aimeraient la prendre avant la période fatidique des 65 ans. Pour les
sportifs professionnels, la pension tourne autour de la quarantaine. Pourtant, chez les cyclistes, certains souhaitent se redécouvrir aux joies de la petite reine, au grand désespoir des
suiveurs. Rien que par les noms de Lance Armstrong, Ivan Basso ou Alexandre Vinokourov, leur sang se glace. Pourquoi
cette nouvelle vague de retour en 2009 ?
La saison prochaine sera riche en rebondissements. En effet, les anciennes gloires du peloton
reviennent pour le plus grand (dé)plaisir des fans de cyclisme. Le come-back est désormais à la mode et tous les repentis du cycle décident de se remettre en selle. De quoi décontenancer le plus aguerri des spécialistes. Ivan Basso fut le premier à se lancer
dans l'aventure. Condamné à deux ans de suspension suite à ses aveux de dopage (et encore...Basso avait cependant évoqué la possibilité qu'il avait essayé un procédé interdit), le coureur
italien a fait la une de l'actualité cycliste en avril dernier, lorsqu'il annonça son prochain retour à la compétition au sein de l'équipe Liquigas. La nouvelle provoqua un tollé général, au vu
de l'ampleur qu'avait pris l'affaire
Basso, faisant suite à
l'opération Puerto. Certes, Basso aura bien fait ses deux ans à dater de la fin octobre mais un goût de trop peu a été laissé lors de son jugement. Un leader avait été attrapé mais celui-ci ne
fut pas considéré comme les autres.
Pour Lance Armstrong, la donne fut différente. Le septuple
vainqueur du Tour de France n'a, en effet, jamais été condamné pour fait de dopage. Seul un article de L'Equipe, paru un mois après son septième sacre sur la Grande Boucle, l'avait convaincu
d'un tel acte, sans aucune condamnation officielle. Seuls les tests fournis par l'Agence française de lutte contre le dopage pouvaient prouver la culpabilité de l'Américain. Mais ce fut trop
tard. Cette agence a même proposé, il y a peu, de tester une nouvelle fois les échantillons du futur ex-retraité afin de « faire taire les rumeurs ». Que néni, s'est insurgé
Armstrong. Ce dernier fera donc son retour à la compétition, après un magnifique plan de communication. Une rumeur non-cachée à Velonews, une annonce pré-officielle dans le mensuel américain
Vanity Fair et enfin, une conférence de presse digne d'une campagne électorale pour clôturer le tout. Armstrong a réussi son but : faire parler de lui et de son association. Pourtant, les fans
de cyclisme s'en montrent moins ravis. Le cycliste américain a laissé un goût amer et même ce retour, sous forme de bénévolat, ne fait pas office de rédemption. Il reste un mystère aux yeux de
tous. Entre suspicion et admiration, on ne sait plus trop quel sentiment affiché à la vue des performances du protégé de Johan Bruyneel.
Et du côté d'Astana, où Armstrong fera son retour, on s'affaire à tenter d'afficher l'effectif
le plus stable possible. Car une nouvelle carte s'est installée dans le jeu. Alexandre Vinokourov a annoncé, ce dimanche, dans une émission de télévision de
la chaîne publique belge, Sporza, son come-back pour la saison 2009. Le coureur kazakh espère ainsi retourner vers Astana, l'équipe qui l'a engagé en 2007 et qui l'a récusé, huit mois plus
tard. Souvenez-vous, ce fut lors du Tour de France de cette année. Chutant lors de la quatrième étape dans les Vosges, perdant des plumes sur les premières pentes alpestres, « Vino »
força le respect de tous lors de sa victoire en solitaire sur la 10ème étape avant de s'imposer en maître sur le second chrono de la Grande Boucle. Ces succès cachèrent pourtant, ce que
l'organisation du Tour révéla peu après, les suspicions de dopage. Ces soupçons furent finalement avérés et le coureur kazakh fut pris dans la tourmente. Cependant, il s'en sortit, grâce à la
bénédiction de sa fédération nationale, avec une suspension d'une année (contre deux saisons demandées par l'UCI). Cela lui permit ainsi de reprendre la compétition, depuis le 24 juillet
dernier. Cela serait en tout cas considéré comme une ignominie au vu des actes dont il est accusé. De plus, son ancien coéquipier et ami, Andrey Kashechkin,
accusé des mêmes faits, a été condamné à deux ans de suspension. Même combat ?
Bref, cette nouvelle vague fait peur aux suiveurs. Certes, ces trois hommes ont apporté quelque
chose en plus à la petite reine mais comment leur accorder une once de crédibilité après leur manquement aux règles ? Ils ont triché. Certes, ils ont payé. Mais ils ne pourront pas nous enlever
cette suspicion qui traîne dans nos têtes. Et ces come-back, alors que la fin de leur carrière était annoncée, nous montre encore qu'ils sont capables de, de nouveau, nous mentir. Devons-nous
leur accorder une nouvelle chance ? Oui, mais à la première incartade, retour à la case « suspension », ne passez pas par la case « départ » et ne touchez pas de réduction de peine.
C'est tout ce qu'on demande aux autorités internationales.
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